Participation citoyenne : quel rôle pour le Codev ?
Le Conseil de développement de l’Eurométropole de Strasbourg arrive à la fin de son mandat et souhaite évaluer sa contribution à la participation citoyenne.
Il s’auto-saisit pour produire un avis sur son rôle dans la démocratie locale et ses relations avec élus, services et partenaires.
L’objectif est aussi d’identifier les attentes des membres et les pistes d’amélioration pour le futur Codev après 2026.
Contexte
Le mandat actuel du Conseil de développement de l’Eurométropole de Strasbourg prendra fin après les prochaines élections municipales. Avant ce renouvellement, il est apparu essentiel de s’interroger sur la contribution réelle du Codev à la mise en œuvre de la participation citoyenne au sein de l’Eurométropole.
Au-delà du nombre d’avis produits, la question est de savoir comment le Codev participe à enrichir le débat public, à associer les habitants aux décisions, et à peser sur l’action métropolitaine. Cette réflexion s’appuie sur l’expérience collective de la mandature en cours, mais aussi sur les enseignements de précédents travaux et sur les apports d’autres Conseils de développement.
Auto-Saisine
Le Codev a décidé de s’auto-saisir pour formuler un avis sur sa participation citoyenne aux politiques de l’Eurométropole de Strasbourg.
Cet avis aura pour objectif d’évaluer et de mettre en perspective :
- le rôle du Codev dans la démocratie participative locale,
- les pratiques de coopération avec les élus et les services,
- les attentes exprimées par les membres et par les acteurs partenaires,
- les pistes d’amélioration pour le futur Codev qui sera installé après les municipales de 2026.
Méthodo
La démarche est conduite par une équipe-projet dédiée. Elle repose sur plusieurs sources :
- un questionnaire adressé à l’ensemble des membres du Codev, y compris ceux ayant quitté leur mandat en cours,
- des entretiens avec les services et directions de l’EMS, organisés en groupes mixtes,
- un questionnaire transmis aux élu·es du Conseil métropolitain, avec relances prévues lors des temps institutionnels,
- l’analyse des documents de cadrage de la mandature (Charte, règlement intérieur, protocole de partenariat…),
- les réflexions issues de la Coordination nationale des Conseils de développement et des expériences d’autres territoires.
Un temps de travail collectif est prévu début 2026 afin de mettre en commun les enseignements de la démarche. L’avis définitif sera adopté et diffusé après les élections municipales de 2026.
Préconisations
Il apparaît d’abord pertinent de maintenir les fondamentaux du CODEV, dont les missions restent globalement adaptées. Des ajustements sont néanmoins proposés, notamment pour privilégier des saisines plus ciblées, permettant une contribution plus opérationnelle et davantage en prise avec l’expérience d’usage des citoyens.
Le CODEV pourrait renforcer son rôle dans l’animation du débat public, en développant des formats de consultation plus variés et accessibles, tout en restant complémentaire des autres dispositifs participatifs existants. Cette évolution suppose des moyens adaptés et une clarification des attentes, en particulier si de nouvelles missions, comme l’évaluation des politiques publiques ou la prospective, lui sont confiées.
Sur le plan de la composition, il est recommandé de maintenir une composition 100% citoyenne, fondée sur le tirage au sort à partir de volontaires, avec des critères de parité, de commune de résidence et d’âge, afin de garantir la pluralité et la diversité des points de vue.
Il apparaitrait également pertinent de décorréler le mandat du CODEV du calendrier électoral de l’Eurométropole afin de préserver la continuité des travaux, éviter les ruptures de dynamique et mieux suivre les avis dans la durée.
Les réflexions menées montrent qu’il n’existe pas de consensus unique sur certains aspects de gouvernance, notamment la désignation de la présidence. Plusieurs options coexistent, traduisant la recherche d’un équilibre entre indépendance de l’instance et reconnaissance institutionnelle. Au-delà des modalités, l’enjeu central reste la légitimité et la capacité d’animation de cette fonction.
Le fonctionnement du CODEV gagnerait à rester souple et adaptable, en privilégiant des groupes de travail ad hoc plutôt que des structures permanentes, format mieux adapté à la diversité des sujets traités et permettant d’intégrer plus facilement de nouveaux membres.
Le CODEV exprime également le souhait de mobiliser des modes de travail plus variés : groupes ad hoc, consultations citoyennes, ateliers dans les communes, formats numériques, conférences-débat ou démarches d’aller-vers. Ces approches gagneraient à s’appuyer sur un renforcement des liens avec les services, les communes et les partenaires du territoire.
Plusieurs leviers apparaissent essentiels pour consolider son action :
- La pérennisation de moyens humains, financiers et logistiques adaptés (équipe dédiée, budget de fonctionnement, facilités de participation, enveloppes complémentaires pour certaines consultations).
- Le renforcement de la formation continue, des outils numériques partagés et de l’accompagnement méthodologique, afin de permettre aux membres de monter en compétences et de travailler plus efficacement.
- Le renforcement de sa visibilité et de sa communication (site internet, réseaux sociaux, lettre d’information, tribune dans le magazine de l’Eurométropole, relations presse et contenus prêts à relayer dans les 33 communes).
Enfin, le CODEV réaffirme son attachement à un suivi régulier des suites données par l’Eurométropole de Strasbourg à ses préconisations, condition de leur utilité et de leur impact dans la décision publique. Cela pourrait notamment se traduire par des rendez-vous réguliers avec les élus et les services, afin de partager l’état d’avancement des suites données et de maintenir le lien au-delà de la remise des travaux.
Dans cette perspective, le CODEV réaffirme sa volonté de contribuer pleinement à une démocratie locale vivante, fondée sur le dialogue, l’intelligence collective et la complémentarité entre citoyens, élus et services.