La vie quotidienne des transfrontaliers : les transports

C’est comment la vie quotidienne d’une famille transfrontalière ?

Apparemment, pas toujours simple.

C’est la raison pour laquelle le Conseil de développement a décidé de se saisir du sujet des transports publics.

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Si l’Eurométropole est transfrontalière par nature, ceux qui vivent et/ou travaillent au quotidien dans ce contexte binational rencontrent bien des difficultés.

Après un premier séminaire en avril 2024 autour de la question : « Quelle dimension transfrontalière pour l’Eurométropole ? Un bassin de vie sans frontières – illusion ou futur possible ? », nous avons décidé de mener une étude plus détaillée sur le sujet des transports publics.

Chaque jour, des milliers de personnes traversent le Rhin pour travailler, étudier ou se déplacer. Si l’offre de transports publics entre Strasbourg et Kehl est globalement performante, son usage reste freiné par des obstacles de lisibilité, d’équité et de coordination. Le Conseil de développement s’est saisi de ce sujet pour formuler des propositions concrètes au service d’une mobilité transfrontalière plus simple et plus juste.

Contexte

L’Eurométropole de Strasbourg bénéficie d’une offre de transports publics transfrontaliers exceptionnelle à l’échelle nationale.

La ligne D du tramway, prolongée jusqu’à Kehl Rathaus, constitue l’ossature de cette mobilité quotidienne, complétée par une liaison ferroviaire régionale vers Offenburg, une tarification transfrontalière spécifique (Europass) et quelques initiatives positives (pass jeunes transfrontaliers, renouvellement du matériel ferroviaire avec les rames Régiolis TFA, extension du réseau de bus de nuit, perspectives d’amélioration de la fréquence des trains).
Pour autant, malgré la qualité de l’infrastructure, de nombreux usagers rencontrent encore des difficultés concrètes dans l’organisation de leurs déplacements transfrontaliers.

La question qui a guidé nos travaux

Comment améliorer l’accessibilité, la lisibilité et l’équité des transports publics entre l’Eurométropole de Strasbourg et Kehl, afin de répondre aux besoins réels des habitants d’un bassin de vie transfrontalier ?

Méthodologie

Le groupe de travail transfrontalier du Conseil de développement a conduit ses travaux sur une période d’environ 18 mois (automne 2024 – automne 2025).
L’analyse s’est appuyée sur des entretiens avec les offices de tourisme de Strasbourg et de Kehl, l’expertise de services de l’Eurométropole, les contributions issues de la rencontre citoyens-élu·es (Bürgerkonvent), un échange approfondi avec le Centre Européen de la Consommation, ainsi que des retours d’usagers et de professionnels confrontés au quotidien aux réalités de la mobilité transfrontalière.

Les conclusions ont été discutées et adoptées collectivement lors de la plénière du Conseil de développement du 15 novembre 2025.

Les principaux obstacles identifiés

Les travaux ont mis en évidence six freins majeurs à une utilisation fluide des transports transfrontaliers :

  • un système de tarification complexe et peu lisible,
  • des inégalités de prestations selon le lieu de résidence, notamment pour les élèves et les familles,
  • une intégration incomplète de l’offre transfrontalière dans les applications de mobilité,
  • des distributeurs de billets peu ergonomiques et insuffisamment multilingues,
  • un accès encore perfectible aux outils numériques pour les usagers non francophones,
  • une capacité parfois insuffisante aux heures de pointe, affectant l’accessibilité pour tous.

Ces obstacles sont majoritairement d’ordre administratif, organisationnel ou ergonomique ; ils ne remettent pas en cause la qualité globale de l’offre, mais en limitent l’efficacité et l’attractivité.

Nos préconisations

Afin d’améliorer concrètement la mobilité transfrontalière, le Conseil de développement formule six recommandations prioritaires :

  1. Simplifier et harmoniser la tarification transfrontalière, en clarifiant les offres existantes et en améliorant la compatibilité entre les systèmes français et allemands.
  2. Garantir une équité de traitement des usagers, en harmonisant les prestations des abonnements mensuels indépendamment du lieu de résidence.
  3. Intégrer pleinement l’offre transfrontalière dans les applications de mobilité (SNCF, Deutsche Bahn), notamment pour les trajets incluant le tramway.
  4. Améliorer l’ergonomie et l’accessibilité des outils de vente et d’information, en particulier pour les usagers non francophones.
  5. Assurer la disponibilité effective des billets transfrontaliers, notamment aux distributeurs automatiques.
  6. Renforcer la capacité et l’accessibilité aux heures de pointe, en tenant compte des besoins des personnes à mobilité réduite, des cyclistes et des familles.

Conclusion

La mobilité transfrontalière ne se résume pas à une question d’infrastructures. Elle constitue un levier essentiel de cohésion, d’attractivité et d’intégration pour le bassin de vie Strasbourg–Kehl.

Les travaux du Conseil de développement montrent que l’offre existe et qu’elle est globalement performante, mais que sa complexité et ses inégalités d’accès freinent encore son usage. Ces obstacles, principalement organisationnels, appellent une coopération renforcée entre collectivités et opérateurs.

Simplifier, harmoniser et rendre plus lisible la mobilité transfrontalière, c’est permettre aux habitants de franchir le Rhin avec la même évidence qu’ils se déplacent dans leur propre ville et donner une réalité concrète à l’Europe du quotidien.

Découvrez le détail de nos travaux dans le rapport téléchargeable ci-dessous.

Les actus :

Pour une meilleure mobilité transfrontalière

 

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