Bien vieillir à l’EMS – Atelier 4

Comment faire évoluer les politiques publiques pour faire face aux enjeux du vieillissement de la population ?

Nous avons commencé par comprendre les enjeux du vieillissement et identifier les défis à relever, puis nous avons réfléchi à comment faire changer le regard sur les personnes âgées et sur leurs rôles dans la société.

Lors de notre quatrième journée de travail, nous avons envisagé la manière d’adapter notre cadre de vie public et privé, aux personnes âgées.

© Photos: Alban Hefti pour Strasbourg Eurométropole

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Séance 4 : 26 avril 2025

La table ronde du matin nous permet toujours de faire un état des lieux sur la thématique du jour afin d’en comprendre les enjeux. Les deux grands témoins nous ont éclairés tant sur l’espace public (espaces verts, aménagement urbain, accessibilité) que dans l’espace privé (habitat et logement).

Nous leur avons demandé quelles étaient les pistes à approfondir dans nos travaux.

Pierre LAPLANE, directeur Général de l’ADEUS (Agence d’urbanisme de Strasbourg Rhin Supérieur) nous suggère de réfléchir à la manière d’adapter le cadre de vie des seniors au changement climatique, de renforcer l’offre sociale à destination des personnes âgées, de développer les partenariats public/privé et de diversifier les dispositifs de maintien à domicile ou dans le quartier.

Il nous a présenté le concept prometteur des 3/30/300 dans les futurs plans d’aménagement de l’espace public : 3 arbres visibles pour tous, 30% de l’espace public couvert par du végétal et un espace vert à moins de 300m de tous domiciles. Autre ambition pour la ville du futur : 90% de l’offre d’un panier de services considérés comme nécessaires à moins de 500 m de chaque domicile.

Ambitieux mais sans doute nécessaire tant pour une ville vivable pour les seniors mais aussi par tous les urbains que pour résister au réchauffement climatique.

Guillaume GENOYER, directeur adjoint de la Direction des Espaces publics et Naturels de l’Eurométropole de Strasbourg a insisté sur le fait que pour élaborer ou adapter les politiques publiques d’aménagement et d’urbanisme aux séniors, il fallait définir des critères d’évaluation spécifiques et forcément différents des habituels critères d’évaluation des politiques publiques en général.

Dans sa présentation du « plan bancs » en cours de déploiement, le principe est désormais de proposer des modèles qui répondent mieux aux besoins des différentes catégories d’usagers plutôt que choisis en fonction de la nature de l’espace public (espaces verts, voirie, plateaux sportifs…). Ainsi pour l’usage des séniors, les bancs sont plus hauts avec un dossier plus vertical pour se relever facilement avec à terme un déploiement sur des trajets utiles pour rester autonome.

L’adaptation de la ville est donc largement engagée pour répondre au mieux aux besoins de la population vieillissante.

A partir de ces divers éléments, nous avons réfléchi aux enjeux prioritaires à approfondir pour adapter le cadre de vie aux besoins des futures personnes âgées.

Nous avons ensuite échangé autour de trois expériences en cours sur le territoire et ailleurs.

Marie GEOFFROY et Pierre ALIXANT nous ont présenté l’association OLD’UP, créée en 2008.

C’est un réseau de réflexion, d’échange, d’action et de recherche.

Son but est de promouvoir la place, le rôle, l’aptitude et l’utilité des séniors dans la société ; d’identifier et de faire lever les obstacles au maintien de cette génération dans une aire active et intégrée ; d’affirmer sa capacité à réfléchir pour et par elle-même et de décider librement de ses choix de vie ; d’optimiser les relations entre les générations. OLD’UP a édité plusieurs guides, présentant de bonnes questions à se poser pour anticiper le futur cadre de vie des personnes âgées.

Julien MATTEI, directeur d’OPHEA nous a présenté les missions de cet opérateur de l’habitat social à Strasbourg depuis 1923. Il gère 20.600 logements pour plus de 51.000 personnes dans 22 communes de l’Eurométropole.

Avec 28% de titulaires de baux de plus de 65 ans, la prise en compte du vieillissement dans les politiques du logement est au cœur de ses objectifs.

Pour adapter les logements existants à la perte de mobilité, il améliore l’accessibilité externe et interne, aménage et rénove les salles de bains.

Il engage aussi la construction de logements dédiés aux séniors dans les programmes immobiliers neufs.

Nadine WINKLER et Véronique NARTZ nous ont parlé de l’association ensemble2générations qui s’est donné pour mission de mettre en relation et d’accompagner un jeune et une personne âgée pour faciliter la cohabitation intergénérationnelle.

Elle propose ainsi à un binôme intergénérationnel, une cohabitation basée sur l’échange, le respect et la confiance mutuelle.

C’est donc gagnant/gagnant puisqu’en luttant contre l’isolement des seniors, ce système permet ainsi de proposer des solutions de logement solidaire à des jeunes (étudiants, apprentis ou salariés) en quête de stabilité.

A la suite de ces échanges instructifs et fructueux, nous nous sommes projetés pour tenter d’inventer le futur !

Nous avons identifié cinq enjeux sur la thématique du jour :

Concernant l’espace public :

  • Inclusivité des espaces publics : cohabitation des usages et des différents besoins, de la conception à la réalisation puis à l’évaluation de l’action publique (mixité, sociabilité, conflits d’usages).
  • Cohabitation de la ville apaisée (marchabilité, mobiliers) et de la ville animée (de proximité, services).

Concernant l’habitat et le logement :

  • Information, sensibilisation, communication et accompagnement pour la prévention, l’anticipation et la mobilité résidentielle.
  • Prise en compte de la modularité / contraintes liées au vieillissement dans les projets de construction / rénovation des logements.
  • Promotion d’autres modes d’habiter (participatifs, intergénérationnels, cohabitation étudiante, etc.).

Chaque membre s’est positionné sur l’un de ces enjeux en fonction de ses goûts et compétences.

L’exercice visait à nommer le défi (en commençant par un verbe), le décrire, définir qui en étaient les bénéficiaires, lister les effets attendus, envisager les modalités de mise en œuvre et enfin repérer les leviers, les freins et les points de vigilance.

Nous avons produit de la matière pour alimenter nos suggestions, préconisations, remarques et alertes à soumettre aux décideurs des politiques publiques.

Et d’ici notre prochaine séance, il nous a été proposé de nous prêter à un petit exercice : écrire à une personne qui aura 75 ans en 2050.

Nous vous en partagerons quelques-unes…

A suivre…